La salle Kimia de la MONUSCO Utex, à Kinshasa, a accueilli ce jeudi 28 mai 2026 une importante conférence consacrée à la promotion du leadership féminin en République Démocratique du Congo. Organisée par l’ASBL KIONGOZI WA THAMANI sous le thème : « Justice et action collective pour un leadership féminin d’impact en RDC », cette rencontre a réuni plusieurs personnalités issues des institutions publiques, des organisations internationales, de la société civile, des structures communautaires ainsi que de nombreux jeunes engagés dans les questions de gouvernance et des droits humains.
À travers cette initiative, Kiongozi Wa Thamani a voulu créer un cadre d’échanges, de réflexion et de sensibilisation autour des défis auxquels les femmes congolaises sont confrontées, notamment en matière d’accès à la justice, de participation à la gouvernance et d’autonomisation économique. La conférence a également permis de mettre en lumière les efforts déjà entrepris par différentes structures nationales et internationales pour renforcer la place des femmes dans les processus de développement et de prise de décisions.
Parmi les organisations présentes à cette rencontre figurait également la plateforme GMDD, qui a activement pris part à la mobilisation et aux échanges autour des enjeux liés au leadership féminin et au développement durable.

La plateforme était représentée par une délégation conduite par son Secrétaire Général, Monsieur Saturne MPEMBA, accompagné de Madame Doriane CHOMBA, Experte Technique chargée de l’Objectif de Développement Durable (ODD) 5 relatif à l’Égalité des sexes, de Monsieur Paul MOTINGIYA, Expert Technique ODD 6 portant sur l’Eau et l’Assainissement, ainsi que de Madame Sheda FATHI et Madame Hadassa LELO. Leur participation a témoigné de l’engagement de la plateforme GMDD en faveur de la promotion des droits des femmes, de l’égalité des chances et de l’implication des jeunes dans les actions communautaires et citoyennes.

Dans son allocution d’ouverture, Madame Susanne Akumu Tahirih, Présidente et initiatrice de l’ASBL Kiongozi Wa Thamani, a souligné l’importance de renforcer la conscience citoyenne des femmes sur leurs droits fondamentaux. Selon elle, cette conférence se voulait avant tout un espace d’éveil collectif et de partage d’expériences afin de permettre aux participantes de mieux comprendre les mécanismes existants de protection, d’accompagnement et de recours en cas de violation de leurs droits.
« Il est essentiel que les femmes connaissent leurs droits, sachent comment les défendre et aient accès aux outils nécessaires pour faire entendre leurs voix », a-t-elle affirmé devant l’assistance, tout en insistant sur la nécessité d’une collaboration permanente entre les institutions publiques, les organisations de la société civile et les communautés locales.

Les différents panels organisés au cours de cette rencontre ont permis d’aborder plusieurs problématiques majeures liées au leadership féminin en RDC. Représentant la Ministre du Genre, Famille et Enfant, Madame Marie-Claude Kazal, Directrice Générale du Fonds National pour la Promotion de la Femme et la Protection de l’Enfant (FONAFEN), a développé la question de l’accès des femmes au foncier. Elle a plaidé pour des mécanismes plus transparents, simplifiés et accessibles afin de permettre aux femmes de jouir pleinement de leurs droits économiques et patrimoniaux.
Intervenant également lors des échanges, Madame Denise Vila, bourgmestre adjointe de la commune de Lingwala, a souligné l’importance du leadership féminin dans la gouvernance locale et le développement communautaire. Selon elle, le leadership représente la capacité d’influencer, de mobiliser et de guider une communauté vers des objectifs communs, tandis que le leadership féminin traduit l’aptitude des femmes à participer activement aux prises de décisions dans les sphères politiques, administratives et sociales. Elle a expliqué que la gouvernance locale repose sur plusieurs principes essentiels, notamment la participation citoyenne, la transparence, la responsabilité des autorités ainsi que la collaboration entre les institutions publiques et les communautés locales.

Plaidant pour une plus grande implication des femmes et des jeunes dans la gestion des affaires publiques, Madame Denise Vila a encouragé la promotion des talents locaux et le renforcement de l’encadrement des nouvelles générations. Déplorant la faible participation citoyenne des femmes, elle a insisté sur la nécessité pour celles-ci de s’engager davantage dans la société et les instances de décisions, au même titre que les hommes. Elle a également dénoncé les pratiques de corruption, tout en soulignant le rôle positif souvent joué par les femmes dans la promotion de la bonne gouvernance, avant d’identifier le manque de formation et l’insuffisance d’encadrement des jeunes parmi les principaux défis à relever.

La conférence a aussi bénéficié de l’expertise de plusieurs représentants d’organisations internationales. Monsieur Sylvain Mabika, expert à ONU-Femmes, a insisté sur la nécessité d’impliquer davantage les femmes médiatrices dans les processus de paix et de dialogue en République Démocratique du Congo. Selon lui, aucune paix durable ne peut être envisagée sans une participation inclusive et effective des femmes dans les mécanismes de prévention et de gestion des conflits.
De son côté, Eliza Nedyalkova, Ressource Mobilization Manager de CARE International, a développé les différentes stratégies de plaidoyer et de mobilisation des ressources susceptibles de renforcer la présence des femmes dans les espaces de prise de décisions. Elle a encouragé les organisations féminines à développer des réseaux de solidarité et des partenariats stratégiques capables d’amplifier leur impact au sein des communautés.


Prenant également la parole, Madame Sylvie Komotir, représentante de la Direction Générale Adjointe du Fonds de Garantie pour l’Entrepreneuriat au Congo (FOGEC), a présenté plusieurs mécanismes d’accompagnement et de soutien à l’entrepreneuriat féminin. Elle a rappelé l’importance de faciliter l’accès des femmes aux financements et aux opportunités économiques afin de promouvoir leur autonomie financière et leur contribution à la croissance nationale.
Au-delà des interventions officielles, cette conférence s’est distinguée par la qualité des échanges entre les participants venus de différentes communes de Kinshasa. Les discussions ont permis de mettre en lumière les réalités sociales, économiques et institutionnelles qui continuent de freiner l’épanouissement des femmes congolaises, tout en identifiant des pistes concrètes pour transformer ces défis en opportunités de changement durable.
Dans une ambiance marquée par l’écoute, le dialogue et l’engagement citoyen, plusieurs recommandations ont été formulées, notamment le renforcement des campagnes communautaires de sensibilisation, la multiplication des cadres d’éducation juridique pour les femmes, ainsi que le développement d’initiatives favorisant la solidarité et l’accompagnement des victimes de discriminations et de violences.


Clôturant les travaux, Madame Susanne Akumu Tahirih a annoncé la poursuite des activités de terrain de l’ASBL Kiongozi Wa Thamani à travers plusieurs communes de Kinshasa. Elle a précisé que cette conférence ne représente qu’une étape dans une dynamique plus large visant à promouvoir une société plus juste, inclusive et équitable pour les femmes congolaises.
Pour Kiongozi Wa Thamani, la construction d’une RDC prospère et pacifique passe inévitablement par la valorisation du potentiel féminin, la défense des droits des femmes et leur pleine participation aux efforts de développement national. Une vision qui réaffirme qu’aucune nation ne peut aspirer à un développement durable sans l’implication active, respectée et reconnue des femmes dans tous les secteurs de la société.















Plateforme GMDD




